Violence conjugale

Prévention des violences faites aux femmes

 Être témoin de violence conjugale peut mener à... (Photothèque Le Soleil)

Être témoin de violence conjugale peut mener à différents changements de comportement chez un enfant.

 

L'observatoire régional de la santé de la Réunion (ORS) dresse un état des lieux de la violence faite aux femmes à la Réunion. Les forces de l'ordre ont enregistré 1500 cas de violences en 2010. Les mêmes faits en 2009 avoisinaient les 1700 cas. Il est à noter que 4 plaintes sont enregistrées chaque jour à la Réunion pour des violences conjugales à l'encontre des femmes.

Les violences sont certes en légère baisse d'une année à l'autre, mais ces données peuvent avoir plusieurs significations. La communication déployée et les moyens mis en oeuvre commencent à porter ses fruits. Dès lors nous pouvons être encouragés. Toutefois, ces chiffres peuvent refléter un certain désespoir des femmes qui refusent encore à porter plainte, car elles y voient encore trop d'obstacles.

Le combat contre les violences intra-familiales montre bien que d'importants efforts sont utiles si nous voulons éradiquer ce fléau. A l'échelle communale, certaines mairies donnent la voie comme à l'Entre-Deux où une charte d'engagement pour la lutte contre les violences conjugales et intra-familiales a été signée. Ce document s'accompagne d'actions concrètes réalisées par le CCAS avec des groupes de parole, l'intervention de médiatrices et d'une aide psychothérapeutique.

Le territoire communal me semble  très pertinent pour engager des actions de prévention, inscrites comme mission essentielle des CCAS. Chaque ville doit s'employer à casser les maux qui gangrènent notre société réunionnaise. A ce titre, j'ai eu l'occasion d'impulser un réseau des parents acteurs dès 2002. Je voulais fédérer les différents partenaires de l'action sociale, de l'éducation et des services de sécurité pour réfléchir à des actions communes. Ce travail a permis de réaliser quelques actions comme une rencontre entre les élèves du Tévelave, les enseignants, les services sociaux,...en dehors du cadre de l'école. Le bilan de cette initiative a fait ressortir une meilleure approche ensuite de l'école par les parents. Aussi, des groupes de parole ont favorisé l'échange sur des questions liées à la parentalité. De même des bénéficiaires en insertion ont effectué une formation pour intervenir auprès des familles. Ces orientations novatrices à l'époque n'ont pas suffisamment recueilli l'adhésion de l'administration communale et des politiques. A mon grand regret, ce travail de prévention envers les familles avironnaises a dû s'interrompre progressivement. Je reste persuadé, et les professionnels intervenant sur le secteur partagent mon analyse, que ces actions de prévention n'apportent pas de réponses immédiates, mais auront des répercussions positives pour nos familles à l'avenir. Ce travail facilite aussi la cohésion sociale sur le territoire, et notamment dans les quartiers, tels que le Ruisseau, où une population jeune et nouvelle est arrivée en grand nombre. La maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale (MOUS) aurait dû être pérennisé sur ce quartier, et prolongé sous une autre forme sur d'autre secteur afin de permettre aux familles avironnaises de partager leur rôle de parents et d'encourager la participation des pères aux parcours scolaires et extra-scolaires de leurs enfants. En outre, une intervention dans la durée peut également casser les schémas familiaux où l'image de la femme est dégradée.

La violence conjugale et intra-familiale passe aussi par ces actions de proximité, là où nous pouvons davantage identifier les problématiques. l'aide des professionnels et des associations de quartier peut parfois anticiper et prévenir les situations de crise. La connaissance du territoire contribue davantage à éviter ce que nous entendons dans les pages fais-divers ou les audiences en cours d'assises à la Réunion. La ville doit être soutenue par le conseil général dont la mission de protection de l'enfant et de prévention exige un volontarisme plus conséquent dans cette lutte.

Jean-Daniel Dennemont

La violence conjugale, un mal qui gangrène notre société!

Notre société réunionnaise est confrontée à un mal qui la gangrène et qui trop souvent conduit les familles dans la douleur, c'est la violence conjugale. Roseline Baleinier vient de faire les frais de son compagnon qui n'a pas su accepter la séparation. Ma pensée va tout droit à cette famille dans la peine depuis quelques jours et pour toujours. Le manque de communication et l'impossiblité à se parler engendrent malheureusement trop de drames dans nos familles réunionnaises.

Ces situations de violence sont inacceptables. Ces atrocités se déroulent souvent en présence des enfants. Imaginez le traumatisme que cela peut représenter. Des mesures sont prises grâce au combat mené par les associations, véritables relais sur le terrain des souffrances au sein des familles. Les répercussions ne sont pas toujours visibles, c'est pourquoi il faut persévérer et continuer votre sensibilisation,vous les associations de lutte pour cette cause. Non il ne faut pas être fataliste et accepter l'inacceptable. Notre île a trop subi ces violences conjugales. La plus grande vigilance s'impose en matière de prévention et là les autorités judiciaires ont un rôle à jouer. Arrêtons de banaliser la paroles de ces femmes qui viennent porter plainte! Offrons une possibilité de communiquer aux couples séparés afin de surpasser cette épreuve de la séparation! Continuons à militer en faveur d'une cause juste pour amener à une prise de conscience!

Jean Daniel Dennemont (Les Avirons) 27/01/2011