Morin rallie le camp Borloo

Article du Journal Du Dimanche mercredi 20 juin 2012  :

En froid avec plusieurs membres du groupe centriste dont la création a été annoncée par Jean-Louis Borloo mardi, Hervé Morin a décidé de passer outre ces problèmes de personne pour intégrer à son tour "l'Union des démocrates et indépendants" à l'Assemblée nationale.

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"Moi, ma vie n’est plus avec eux." Interrogé il y a trois semaines par leJDD.fr, Hervé Morin ne mâchait pas ses mots à l'encontre des élus du Nouveau centre passés, avant les législatives, sous la bannière de l'Union des radicaux, centristes, indépendants et démocrates (Urcid), créée avec le Parti radical. Les mots employés étaient forts, définitifs. Mercredi pourtant, il a annoncé qu'il allait rejoindre le groupe centriste à l'Assemblée nationale créé par Jean-Louis Borloo, justement pour partie composé de ces élus qu'ils critiquaient tant.

"Nous avons décidé, avec Philippe Vigier, Charles de Courson et les autres, qu'il fallait éviter la diaspora centriste, et dépasser les questions personnelles." Voilà comment Hervé Morin justifie son ralliement au camp Borloo dans un entretien au Point.fr. Du pragmatisme en politique. Lors des cinq prochaines années, il siégera donc aux côtés de Jean-Christophe Lagarde, à qui il prêtait "un comportement de voyou" lors du dernier congrès du Nouveau centre. L'unité est à ce prix. "Je souhaite avant tout que les valeurs centristes puissent avoir toute leur place dans l'opposition, et que nous puissions peser dans le débat. Plus nous serons nombreux et plus nous serons forts", argumente-t-il.

Morin appelle les élus du MoDem à les rejoindre

Contesté au sein de son propre mouvement, Hervé Morin, pour continuer à exister sur la scène politique, n'avait que deux solutions : mettre un mouchoir sur les querelles qui l'opposent à certains de ses camarades centristes ou rejoindre le groupe UMP. Il a choisi la première option. C'est donc un vaste rassemblement du centre qui semble s'opérer, et la porte est grande ouverte à d'autres arrivées. La déconfiture électorale du MoDem facilite, il est vrai, la tâche de Jean-Louis Borloo, qui s'est déclaré mercredi matin sur Europe 1 "patron" des centristes. "J'ai également eu des contacts avec Jean Arthuis, le patron de l'Alliance centriste, et avec François Bayrou. La décision de rejoindre un groupe centriste unique appartient bien sûr aux députés MoDem (Jean Lassalle et Thierry Robert, Ndlr) et à ceux de l'Alliance centriste (Philippe Folliot et Thierry Benoît, Ndlr). Mais je crois que ce serait une solution plus intéressante que de rester chacun de son côté. Si nous arrivons à tous nous rassembler, nous serions autour de 25", confie Hervé Morin.

"Tous [se] rassembler" était la vocation initiale de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale (Arès), lancée par Jean-Louis Borloo pour porter sa candidature à la présidentielle, avant que ce dernier se retire, enterrant de facto le mouvement. Pourquoi ce ressucé de l'Arès réussirait-il, cette fois? Nous verrons cela plus tard", élude Hervé Morin. "Franchissons déjà cette première étape, pour le reste, nous verrons dans un second temps."

B.B - leJDD.fr

Morin

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