Les demandeurs d'emploi, les principales victimes!

La réduction des contrats aidés à la Réunion est un véritable problème dans une île confrontée à un taux de chômage particulièrement élevé. Le secteur marchand n'est pas en mesure d'absorber le flux de demandeurs d'emploi arrivant tous les ans sur le marché du travail. Par conséquent, les contrats aidés représentent une solution pour beaucoup de familles réunionnaises d'accéder à un emploi et d'avoir un revenu afin de faire face aux difficultés de la vie quotidienne.

La baisse drastique du quota de contrats aidés relève d'une mauvaise analyse de la situation sociale et économique à la Réunion. On peut s'interroger sur la volonté du gouvernement de prendre en considération nos spécificités locales, surtout la problématique du chômage, et particulièrement chez les jeunes de moins de 25 ans.

Dans le débat actuel, j'espère que le gouvernement répondra favorablement à la revendication des maires au sujet de la réduction du nombre de contrats aidés dans les écoles afin de permettre une rentrée scolaire 2012/2013 dans de bonnes conditions. Cependant, en raison des difficultés financières, il ne faudrait pas que la pression exercée par les maires soit résolue par une réaffectation de certains contrats dédiés à l'origine à d'autres services (ex: personnes âgées, jeunesse,...) ou à des associations, dont le poids politique est insuffisant pour faire plier l'Etat.

Ce contexte récurrent de réduction du quota de contrats aidés, quelques jours avant la rentrée, vient questionner la gestion des écoles maternelles et primaires par les mairies à la Réunion. Comment expliquer qu'un service qui accueille de jeunes enfants fonctionne en grande partie avec des emplois précaires et des contrats aidés? Il serait peut être temps de se plancher sérieusement sur cette problématique.

En outre, cette détermination des maires dans ce dossier lié au fonctionnement des écoles ne s'applique pas lorsqu'il s'agit d'insérer durablement ce public. Souvent démunis financièrement, ces demandeurs d'emploi obtiennent très difficilement une activité professionnelle dans le privé, et par conséquent, attendent un "ti contrat" avec le maire. A partir de là on comprend mieux les enjeux politiques de ce dispositif. Ce lien de dépendance envers l'élu doit être remis en cause.

Une meilleure prise en compte de la situation du  demandeur d’emploi implique une gestion globale des contrats aidés par le Pôle Emploi, au regard plus neutre. Ainsi, les bénéficiaires seront surtout évalués sur leurs compétences professionnelles et non sur des considérations politiciennes.

Par ailleurs, ces mêmes maires font-ils le nécessaire pour favoriser l'emploi dans le secteur marchand? Aux Avirons, commune dont je suis élu, je constate que le premier magistrat met en place une politique d’aménagement qui va à l’encontre du développement économique de la ville alors que le tourisme, l'agriculture ou l'artisanat sont des secteurs qui peuvent générer des emplois pérennes.

Jean Daniel DENNEMONT

greveadt.jpgJe discute avec le personnel de l'ADT, des contrats aidés intervenant dans l'environnement

 

ecole-des-avirons.jpgEcole Paul Herman où intervient des contrats aidés aussi bien dans le nettoyage ou la restauration

Contrats aidés