Jonathan RIVIERE : "Le plan santé est nettement insuffisant par rapport aux besoins"

Jo riviere 2018

 

Emmanuel Macron a dévoilé les grandes lignes de son plan de transformation du système de santé, censé "remettre le patient au cœur." Il propose de remettre sur pied un système de santé à bout de souffle entre des urgences "engorgées", des personnels exténués et un secteur psychiatrique en état d'urgence absolu.

L’intention y est, mais les solutions évoquées risquent de ne pas être à la hauteur des enjeux. Ce plan santé propose une rallonge budgétaire de 400 millions d'euros, pour soi-disant mettre en place une meilleure articulation des soins entre médecine de ville et hôpital et financer la création d’assistants médicaux.

Mais pourquoi une nouvelle profession alors que les infirmiers et les aides-soignants ont déjà un savoir-faire ? Aucune proposition pour les infirmiers, pourtant indispensables pour la prévention, la coordination et les soins. Il y a là encore une logique de régression. Le salaire des assistants médicaux sera nettement inférieur à celui des infirmiers. Assistants médicaux = économies.

A en croire Emmanuel Macron, ce plan santé se résume à la pratique des médecins. Les infirmiers qui contribuent au bon fonctionnement des hôpitaux et des services de soins en ambulatoires sont les grands oubliés.

Le président de la République pose un constat de la situation mais ne répond pas au manque de moyens en personnels dans les hôpitaux.

La constitution de "communautés professionnelles territoriales de santé"(CPTS)  avec une perspective de couverture de tous les territoires est une belle annonce, mais son maillage dans les territoires n’est pas clairement défini. Emmanuel Macron privilégie l'incitation à la contrainte. Est-ce que le volontariat des médecins sera suffisant pour réaliser cette coordination des soins ? Député, je proposerai de prolonger l’intervention de ces communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) au-delà de 20 heures, le week-end et les jours fériés.

Ce plan santé renforce mon inquiétude sur le maintien des hôpitaux de proximité, notamment celui de Saint-Louis, victime de ce processus de réduction des dépenses. La santé n’a pas de prix !

Pourtant, l'hôpital est soumis à un modèle libéral et tente d'accroître sa productivité.

En continuant à fermer des lits et à économiser sur la masse salariale, la qualité des soins et la motivation des soignants risquent de s'en ressentir.

Toutefois, je retiens quelques propositions qui vont dans le bon sens.

La suppression du numerus clausus et la possibilité de passerelles entre les formations sont une chance supplémentaire pour nos jeunes diplômés.

J’espère que nous conserverons nos hôpitaux de proximité, qui devraient disposer d’un plateau technique de biologie, d’imagerie et d’équipements en télémédecine.

Il faudra être très vigilant et déterminé pour mobiliser davantage de moyens afin de répondre aux problématiques de santé telles que le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, … affectant de façon plus conséquente les réunionnais. C’est pourquoi, il faut renforcer l’offre de soins et soutenir les actions de prévention de la population.

Jonathan RIVIERE       Candidat à l’élection législative partielle dans la 7ème circonscription

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