CAP 2022 : des menaces sur la fonction publique!

 

Cap22 1

Article du syndicaliste Jean Claude COMORASSAMY qui nous alerte sur les préconisations du rapport du comité pour l'action publique (CAP). La fonction publique risque d'être démantelée  pour répondre exclusivement à des objectifs financiers. 

RAPPORT « CAP 22 » LA RÉALITÉ QUI SE CACHE DERRIÈRE LE DÉCOR !


Ceux qui ont eu le courage de s’aventurer dans le souverain rapport « CAP 22 » qui a été réalisé par une quarantaine de membres « experts », mêlant économistes, personnalités issues du secteur public et privé ainsi que des élus, ont pu découvrir l’âpre réalité qui se cache derrière ce généreux décor de 113 pages (sans les annexes). A croire, que si l’on voulait « torpiller » la fonction publique, on ne s’y prendrait pas autrement !

Bref, dit-on « Le service public doit se réinventer pour mieux servir ». Or, la naissance du Comité pour l'Action Publique dit « CAP 22 » a eu cette soi-disant mission de moderniser les services publics pour les quatre ans à venir. Mais en fait, c’est écrit que ce projet « permettra d’améliorer les comptes publics d’une trentaine de milliards d’euros » sur le dos des trois fonctions publiques à l’horizon 2022. Une manière de réinventer un service public sans moyen donc sans humain. Dès lors qui mieux que ces « experts » pour nous faire avaler n’importe quelle couleuvre ?

Quoiqu’il en soit, c’est en période estivale que le gouvernement a choisi, un peu forcé par les médias qui ont dévoilé le rapport et la feuille de route « CAP 22 » ! C’est sans doute le moment le plus propice car les grandes centrales syndicales sont en vacances et qu’il faudra attendre la rentrée pour recueillir leurs réactions. De toute façon, les élections professionnelles d’une certaine manière, feront tout le poids de cette obligation. En effet, les syndicats de la fonction publique ne pourront pas rester silencieux trop longtemps,  prenons le pari, en raison des élections du 6 décembre.

Ainsi  à travers vingt deux mesures, ce rapport « décapant » identifie «une trentaine de milliards d'euros» de baisse possible de la dépense publique. Et là, nous comprenons mieux à la lecture du précieux document, pourquoi le premier Ministre ne souhaitait pas que ce rapport CAP 2022 soit rendu public. Bien même que les syndicats s’offrent en cette période de vacances un moment de « farnientes ». La démarche du gouvernement semble consister à mettre en « misouk » ce rapport afin d’éviter contestations et résistances afin de mieux « faire passer la pilule » à la rentrée.

D’ailleurs, retenons que l’axe fort de ce rapport fait place à des grandes lignes d’un plan drastique d’économies, tout en confiant au secteur privé une grande partie de tâches du service public. C’est l’externalisation, la réduction des effectifs, fin du statut des fonctionnaires qui figurent au cœur de ce rapport. On coupe même dans la santé puisque l’hôpital est concerné avec 5 milliards d’euros d’économies !

Mais alors que font nos parlementaires, eux qui sont d'habitude si prompts à s’indigner dans des communiqués ?  Or, ils sont restés bien silencieux, d’abord concernant l’analyse du comité stratégie de la santé mentale et de la psychiatrie, qui faisait apparaitre des écarts très significatifs en dotation donc des inégalités des ressources pour la psychiatrie de l’Océan Indien (sous-dotée) par rapport aux autres régions. Et, aujourd’hui encore muets concernant ce rapport « CAP 2022 », qui « torpille » le service public et le statut de la fonction publique. Mais pourquoi donc ce silence assourdissant de nos parlementaires et de nos élus ?

Jean Claude Comorassamy.

CAP 2022

Ajouter un commentaire